13 mars 2006
Jerome David Salinger
À un moment ou l’autre je devais parler de The
catcher in the rye, mon livre préféré comme tout adolescent mal dans sa
peau (même si je ne suis plus vraiment un adolescent), de cette couverture un
peu moche qui évoque pourtant tant de choses pour moi.
Mais tout ça c’est trop personnel quand même. Heureusement, j’ai
trouvé ce post génial dont voici un extrait : « But for me, the
maroon cover of Catcher has a special place. Blank, enigmatic, vaguely dangerous, it was the
perfect tabula rasa upon which I could project all my adolescent
loneliness, insecurity, anger and sentimentality. It was as if possessing it
provided a password into an exclusive club, even if that club existed only in
your own mind. I wonder if a different cover, a more “designed” cover, could
have been able to contain quite so much emotion and meaning. »
Sur le site Dead Caulfields,
vous pouvez lire en anglais les nouvelles que Salinger n’a jamais publié en
français, comme sa dernière, Hapworth 16, 1924 paru
le 19 juin 1965 dans le New Yorker.
13 février 2006
Nan Aurousseau a réussi sa reconversion avec Bleu de
chauffe (chez Stock), son premier roman, noir et largement autobiographique.
Ancien plombier et taulard, il nous raconte ses aventures dans le bâtiment sur
des chantiers pourris (on en apprend sur la construction de la Bibliothèque nationale
de France), ses problèmes avec son escroc de patron, sa rencontre déterminante
avec Jean-Patrick Manchette…
L’écriture de Aurousseau est artisanale, brute, enlevée,
pleine d’images. L’incipit l’illustre bien : « Mon patron s'appelle Dolto. C'est un petit homme suave d'une quarantaine d'années assez rond à l'extérieur mais
géométriquement pourri et sans pitié à l'intérieur. Aidé par trois garçons
baraqués, il vient de déménager le coffre-fort de l'entreprise. Le coffre-fort
de son entreprise. Et cela de nuit, un mardi, alors qu'il était censé être en
vacances. J'ai pris des photos. Le coffre a été
embarqué dans une camionnette blanche que j'ai photographiée aussi. Il se croit
malin Dolto, mais avec moi il a tout faux, il est tombé sur un os, un os de
Mamout. Mamout c'est mon nom, moi je ne descends pas du singe comme je dis
toujours. Avec ses lunettes à double foyer Dolto vous regarde toujours par en
dessous et quand il vous parle on dirait qu'il vous suce. Mais il s'agit juste
d'une impression parce qu'en réalité il est en train de vous enculer et ça,
vous ne le sentez pas. Vous avez mal après. Mais après il est trop
tard... »
Critique de Jérôme Garcin
Critique de Télérama
